
Rédigé par Michael Fievez — Mis à jour le 26 juillet 2026.
Tu sais probablement qu’il faudrait mettre de l’argent de côté. Tu as peut-être déjà défini un montant, réduit certaines dépenses ou commencé un budget. Pourtant, après quelques semaines, les anciennes habitudes reviennent et l’épargne disparaît.
Cela ne signifie pas nécessairement que tu es paresseux ou indiscipliné. Pour économiser durablement, la motivation financière ne suffit pas : tu dois transformer ton intention en un système d’épargne clair, réaliste et suffisamment simple pour fonctionner même lorsque ton envie de faire des efforts diminue. Dans cet article, tu vas comprendre pourquoi ton cerveau privilégie souvent les dépenses immédiates, où ta démarche peut se bloquer et comment mettre de l’argent de côté de façon plus régulière.
Pourquoi est-il si difficile d’économiser durablement ?
Le principe de l’épargne paraît simple : dépenser moins que ce que tu gagnes et conserver la différence.
Dans la réalité, le salaire arrive, les prélèvements passent, les courses coûtent parfois plus cher que prévu et plusieurs petites dépenses viennent progressivement réduire la somme disponible. À la fin du mois, il ne reste presque rien à transférer.
Tu peux alors te poser cette question :
« Pourquoi je n’arrive pas à économiser alors que je sais parfaitement que j’en ai besoin ? »
La première explication n’est pas forcément ton niveau de revenu. Des revenus limités rendent évidemment l’épargne plus difficile, mais les difficultés peuvent également venir de la manière dont les décisions sont prises.
Si tu attends chaque mois de voir ce qu’il restera, ton épargne passe après toutes les autres dépenses.
Elle dépend alors :
- de ta motivation du moment ;
- de ta capacité à résister aux tentations ;
- des imprévus rencontrés pendant le mois ;
- de l’attention que tu accordes à tes finances ;
- de l’argent encore visible sur ton compte courant.
Ton état d’esprit reste important. Avant de créer un budget ou d’automatiser ton épargne, tu dois savoir pourquoi tu veux économiser.
Ton objectif peut être d’acheter une maison, de préparer un mariage, de financer un voyage sans crédit, d’investir, de préparer la naissance d’un enfant ou de créer un fonds d’urgence.
Lorsque ton objectif d’épargne est précis, les sommes mises de côté prennent davantage de sens. Tu ne vois plus seulement 100 euros quitter ton compte : tu vois une partie de ton projet se construire.
Mais comprendre pourquoi tu veux économiser ne garantit pas que tu le feras chaque mois. L’objectif donne une direction. Il ne crée pas encore le comportement qui permet de l’atteindre.
À retenir : l’état d’esprit te permet de décider où tu veux aller. Le système détermine ce que tu feras concrètement pour avancer.
Pourquoi ton cerveau préfère dépenser maintenant
Il peut être étonnamment facile de dépenser 100 euros et beaucoup plus difficile de mettre ces mêmes 100 euros sur un compte épargne.
Cette difficulté s’explique en partie par la dévalorisation temporelle. Ce mécanisme désigne notre tendance à accorder moins de valeur à une récompense lorsqu’elle est éloignée dans le temps.
Prenons un exemple.
Tu as prévu de mettre 150 euros de côté pour l’apport de ta future maison. Quelques jours plus tard, tu vois un produit en promotion ou une sortie se présente.
La dépense t’apporte immédiatement quelque chose de concret : un objet, une expérience ou un moment agréable.
L’épargne, elle, ne produit aucun changement visible dans l’immédiat. Tu n’as pas encore acheté la maison et ton apport reste loin d’être complet. Tu dois renoncer à une possibilité présente pour obtenir un bénéfice futur encore partiellement abstrait.
Des recherches en neurosciences ont étudié la manière dont nous choisissons entre des récompenses immédiates et différées. Elles montrent notamment que la disponibilité immédiate d’une récompense influence les mécanismes cérébraux associés à son évaluation. Cela ne signifie pas qu’un « cerveau impulsif » affronte simplement un « cerveau raisonnable » : plusieurs réseaux participent à la décision et tiennent compte du montant, du délai et du contexte.[1]
Ton cerveau peut alors produire des raisonnements qui paraissent acceptables sur le moment :
« Je commencerai le mois prochain. »
« Ce n’est qu’une petite dépense. »
« Cette occasion ne se représentera peut-être pas. »
« Je travaille aussi pour profiter de mon argent. »
Pris séparément, ces arguments ne sont pas toujours absurdes. Le blocage apparaît lorsqu’ils se répètent assez souvent pour absorber systématiquement l’argent que tu souhaitais épargner.
Ton futur reste moins concret que ton présent
Une autre difficulté concerne la relation avec ton « futur toi ».
Tu sais que cette version future de toi aura besoin d’une réserve, d’un apport immobilier ou d’un capital à investir. Mais comme ces besoins ne sont pas urgents aujourd’hui, ils peuvent sembler moins importants qu’une envie présente.
Une étude sur la proximité ressentie avec son futur soi a observé une association entre cette proximité, une plus grande valorisation des récompenses différées et le niveau d’actifs financiers détenus. Les auteurs précisent toutefois que leurs résultats ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un lien de causalité.[2]
D’autres expériences ont utilisé des représentations vieillies des participants. Les personnes ayant interagi avec une version future de leur visage ont davantage privilégié des récompenses financières différées. Ces résultats montrent qu’un avenir rendu plus concret peut influencer certaines décisions, sans garantir le même effet chez chaque personne.[3]
C’est pour cette raison que l’objectif « je veux économiser » reste souvent trop vague.
Compare ces deux formulations :
« Je veux mettre de l’argent de côté. »
« Je veux réunir 6 000 euros pour disposer d’une réserve en cas de perte de revenus ou de dépense importante. »
La seconde formulation donne une fonction, un montant et une utilité à ton effort. Ton futur devient plus facile à imaginer.
Mais même un objectif très précis ne supprime ni les tentations ni la fatigue. Tant que tu dois choisir manuellement entre une récompense immédiate et un bénéfice futur, ton projet reste vulnérable aux circonstances du moment.
La différence entre la motivation et un système d’épargne
La motivation peut t’aider à décider de changer. Elle ne garantit pas que cette décision deviendra une action régulière.

En psychologie, cette difficulté est souvent décrite comme un écart entre l’intention et le comportement.
Dire :
« Je veux épargner 150 euros chaque mois »
exprime une intention.
Dire :
« Le lendemain du versement de mon salaire, 150 euros sont automatiquement transférés vers mon compte épargne »
définit un système.
Dans le premier cas, tu dois reprendre la décision chaque mois. Tu dois penser au virement, vérifier ton compte, choisir le moment et accepter de réduire immédiatement la somme disponible.
Dans le second cas, le montant, le moment et l’action sont déjà prévus.
Transformer un objectif en règle concrète
Les recherches sur les intentions de mise en œuvre étudient les plans formulés sous la forme :
« Quand cette situation se produit, alors j’effectue cette action. »
Une méta-analyse portant sur 94 études a constaté que ces plans précis favorisaient l’atteinte des objectifs dans différents domaines. Ils ne garantissent pas la réussite, mais ils peuvent réduire la distance entre le souhait et l’action.[4]

Appliqué à l’épargne, le principe peut devenir :
« Lorsque mon salaire est versé, je transfère automatiquement 10 % de mon revenu vers mon fonds d’urgence. »
Un système d’épargne réduit alors plusieurs obstacles :
- l’oubli ;
- l’hésitation ;
- la procrastination ;
- les décisions prises sous l’effet du stress ;
- l’utilisation de l’argent pour une autre dépense.
Il limite surtout le nombre de fois où tu dois compter sur ta motivation.
La répétition peut rendre l’action plus automatique
Lorsqu’un comportement est répété dans un contexte stable, il peut progressivement demander moins d’attention.
Une étude menée auprès de 96 personnes a observé un délai médian de 66 jours pour atteindre un niveau élevé d’automaticité. Les résultats variaient toutefois fortement, de 18 à 254 jours selon les personnes et les comportements. Une occasion manquée ne semblait pas nécessairement détruire l’habitude en cours de formation.[5]
Il n’existe donc pas de règle universelle selon laquelle une habitude serait définitivement créée en 21 jours.
Pour créer une habitude d’épargne, le plus important est de relier l’action à un déclencheur régulier :
- la réception du salaire ;
- le premier jour du mois ;
- le versement d’une commission ;
- la réception d’une prime ;
- une augmentation de revenu.
Le dispositif américain Save More Tomorrow illustre également l’intérêt de prendre une décision à l’avance. Les salariés participants acceptaient qu’une partie de leurs futures augmentations soit consacrée à leur épargne-retraite. Dans la première mise en œuvre étudiée, leur taux moyen d’épargne est passé de 3,5 % à 13,6 % en 40 mois.[6]

Ce résultat concerne un dispositif professionnel américain et ne peut pas être transposé directement à un compte épargne personnel. Il montre néanmoins qu’une règle intégrée à l’avance peut produire des résultats que la motivation seule peine parfois à maintenir.
Comment mettre en place un système d’épargne efficace
Un système d’épargne doit répondre à quatre questions :
- Combien veux-tu mettre de côté ?
- Quand le transfert doit-il avoir lieu ?
- Où l’argent doit-il être conservé ?
- Dans quelles circonstances le montant doit-il être ajusté ?
- Prévois une règle pour les revenus exceptionnels
- Contrôle et ajuste régulièrement ton système
Une règle exploitable pourrait être :
« Le lendemain de mon salaire, 100 euros sont automatiquement transférés vers un compte séparé destiné à mon fonds d’urgence. »
Le montant est défini, le moment est fixé, le transfert est automatisé et l’argent possède une fonction précise.
1. Commence avec un montant réaliste
Choisir un montant trop élevé peut rapidement fragiliser ton système.
Tu calcules parfois ta capacité d’épargne à partir d’un mois idéal : aucune réparation, aucune dépense annuelle et aucune sortie supplémentaire. Mais ton système doit fonctionner pendant un mois normal, avec ses variations et ses imprévus.
Il vaut mieux épargner chaque mois un montant modeste que transférer une somme élevée que tu devras récupérer deux semaines plus tard.
Exemple
Tu estimes pouvoir économiser entre 100 et 200 euros par mois.
Tu peux commencer par automatiser 100 euros. Si ton budget le permet, tu ajoutes ensuite un versement complémentaire.
Cette méthode évite de confondre deux objectifs :
- établir une habitude stable ;
- maximiser immédiatement le montant épargné.
La stabilité doit généralement venir en premier.
Cela reste valable pour économiser avec un petit salaire. Un virement de 20, 30 ou 50 euros peut paraître limité, mais il permet de tester le système sans déséquilibrer ton budget.
2. Programme ton épargne après la réception de ton revenu
Attendre la fin du mois revient à donner la priorité à toutes les dépenses avant l’épargne.
Le principe consiste donc à programmer le transfert au début de ton cycle financier.
Si ton salaire est versé le 28, tu peux programmer le virement le 29. Si tes revenus arrivent à plusieurs moments, tu peux répartir ton épargne entre plusieurs versements plus petits.
L’automatisation évite de reprendre consciemment la même décision chaque mois.
Une étude sur l’inscription automatique à un dispositif américain d’épargne-retraite a constaté une participation nettement plus élevée lorsque l’inscription devenait l’option par défaut. De nombreux participants conservaient également le taux de contribution prévu initialement.[7]
Ces résultats concernent l’épargne professionnelle aux États-Unis. Ils illustrent néanmoins la puissance de l’inertie : lorsque l’action est automatique, ne rien faire permet au système de continuer au lieu de l’interrompre.
3. Sépare ton épargne de ton argent disponible
Lorsque ton épargne reste sur ton compte courant, elle continue à ressembler à de l’argent librement disponible.
Tu peux facilement te dire :
« Je prends 50 euros aujourd’hui et je les remettrai le mois prochain. »
Le problème vient du mélange entre plusieurs fonctions :
- l’argent des dépenses courantes ;
- l’argent destiné aux factures ;
- la réserve pour les imprévus ;
- l’argent consacré à un projet futur.
Un compte ou un espace séparé crée une frontière plus claire.
Tu peux, par exemple, distinguer :
- ton fonds d’urgence ;
- ton apport immobilier ;
- tes vacances ;
- tes dépenses annuelles ;
- ton capital destiné à l’investissement.
Il n’est pas nécessaire de multiplier les comptes sans raison. Chaque séparation doit simplement t’aider à comprendre quelle somme est réellement disponible.
Une expérience menée aux Philippines a proposé un compte limitant volontairement l’accès à l’argent jusqu’à une date ou un objectif défini. Parmi les personnes auxquelles le produit avait été proposé, 28,4 % l’ont ouvert. Après douze mois, les soldes moyens du groupe concerné avaient augmenté à 81% par rapport au groupe de contrôle.[8]
Ce compte était beaucoup plus contraignant qu’un compte épargne classique. L’étude montre toutefois qu’un mécanisme d’engagement peut aider certaines personnes à protéger leur épargne contre leurs décisions futures.
4. Donne un objectif précis à chaque somme
Un objectif d’épargne doit idéalement comporter :
- une raison ;
- un montant cible ;
- une échéance indicative ;
- un versement régulier.
Dire « je veux constituer une réserve » reste abstrait.
Dire « je veux atteindre 6 000 euros en trois ans » te permet de calculer une progression.
Sans tenir compte d’un rendement éventuel, cet objectif représente environ 167 euros par mois.
Tu peux également rendre la progression plus visible :
- donner un nom au compte ;
- afficher le montant cible ;
- noter le pourcentage déjà atteint ;
- programmer un rappel mensuel ;
- associer une image à ton projet.
Des expériences conduites avec trois banques ont observé que des rappels pouvaient améliorer les versements et l’atteinte des objectifs d’épargne. Les messages rappelant à la fois l’objectif et les incitations financières se sont révélés particulièrement efficaces dans le contexte étudié.[9]
5. Prévois une règle pour les revenus exceptionnels
Une prime, une commission, un remboursement ou un cadeau financier peut rapidement être considéré comme de l’argent entièrement disponible.
Tu peux éviter cette décision improvisée en définissant une règle avant de recevoir la somme.
Par exemple :
« Lorsque je reçois un revenu exceptionnel, j’en transfère 50 % vers mon objectif d’épargne. »
Tu peux conserver une partie de l’argent pour te faire plaisir et affecter l’autre partie à ton projet.
Le pourcentage n’a pas besoin d’être identique pour tout le monde. Il doit correspondre à ta situation, à tes charges et à tes priorités.
Cette règle reprend la logique de l’engagement préalable étudié dans Save More Tomorrow : la décision est prise avant que le revenu supplémentaire soit disponible.[6]
6. Contrôle et ajuste régulièrement ton système
Automatiser son épargne ne signifie pas ne plus jamais vérifier ses comptes.
Ton revenu, tes charges et tes projets peuvent évoluer. Un contrôle mensuel permet généralement de vérifier :
- si le virement a bien été effectué ;
- si tu as repris une partie de l’argent ;
- si le montant reste réaliste ;
- si certaines dépenses ont été oubliées ;
- si tu peux augmenter progressivement ton versement.
Si tu dois régulièrement récupérer l’argent transféré, ton système n’est peut-être pas adapté à ton budget actuel.
Cela peut indiquer :
- un montant d’épargne trop élevé ;
- des dépenses annuelles mal anticipées ;
- un budget trop optimiste ;
- l’absence d’une réserve distincte pour les imprévus.
Le système doit alors être corrigé, pas nécessairement abandonné.
Une méta-analyse regroupant 138 études et 19 951 participants a constaté que les interventions augmentant le suivi des progrès amélioraient en moyenne l’atteinte des objectifs. Les effets étaient plus importants lorsque les progrès étaient enregistrés physiquement ou communiqués à une autre personne. Ces études concernaient plusieurs types d’objectifs, et pas uniquement l’épargne.[11]
Un bon système d’épargne est donc :
- précis ;
- réaliste ;
- automatique ;
- séparé ;
- visible ;
- ajustable.
Pourquoi les petites habitudes produisent de grands résultats
Pourquoi les petites habitudes produisent de grands résultats
Une petite somme peut sembler inutile lorsqu’elle est comparée à un projet de plusieurs milliers d’euros.
Pourtant, tu ne dois pas juger une habitude d’épargne sur un seul versement, mais sur l’accumulation de tous les versements à venir.
Mettre 100 euros de côté chaque mois représente, hors intérêts et rendement :
- 1 200 euros après un an ;
- 6 000 euros après cinq ans ;
- 12 000 euros après dix ans.
Le résultat ne vient pas d’une opération exceptionnelle. Il vient d’une action répétée suffisamment longtemps.
La régularité ne signifie pas la perfection
Un mois difficile ne supprime pas automatiquement les progrès réalisés.
Tu peux être contraint de réduire un versement ou de l’interrompre temporairement. Le risque apparaît surtout lorsque cette interruption devient une raison d’abandonner définitivement.
Une habitude solide ne signifie pas que tu respectes ton plan sans aucune exception. Elle signifie que l’épargne devient ton fonctionnement normal et que tu reprends ton système après une difficulté.
Une étude consacrée à l’épargne régulière a examiné le rôle de l’habitude auprès de 128 participants. Les résultats soutenaient l’idée que l’automaticité et la répétition contribuent aux comportements d’épargne. L’échantillon restait toutefois limité et une partie des données était déclarative : l’étude ne permet donc pas d’affirmer que l’habitude explique, à elle seule, les résultats financiers de chaque personne.[10]
Créer une habitude d’épargne peut également passer par plusieurs petits comportements :
- vérifier une dépense avant de la valider ;
- préparer les frais annuels ;
- transférer une partie d’une prime ;
- suivre son objectif une fois par mois ;
- éviter d’utiliser l’argent affecté à un autre projet.
Pris séparément, ces gestes semblent modestes. Ensemble, ils consolident ton système.
Les premiers résultats restent peu visibles
Au début, ta progression peut paraître lente.
Tu as mis 200 ou 300 euros de côté, mais ton objectif en exige plusieurs milliers. Tu peux alors penser :
« À ce rythme, je n’y arriverai jamais. »
« Je commencerai vraiment lorsque je gagnerai plus. »
« Cette somme est trop petite pour faire une différence. »
Le blocage vient ici de la comparaison entre un premier effort et le résultat final.
Si ton objectif est de constituer 6 000 euros et que tu as déjà épargné 1 500 euros, tu ne dois pas seulement voir les 4 500 euros manquants. Tu as aussi réalisé 25 % de ton objectif.
Le suivi rend visible ce que la répétition a déjà produit.
L’effet du temps est souvent sous-estimé
Le biais de croissance exponentielle désigne notre tendance à raisonner de façon linéaire lorsque des intérêts ou des rendements s’accumulent de manière composée.
Les recherches de Victor Stango et Jonathan Zinman ont observé une association entre ce biais, une plus forte utilisation du crédit et une épargne moins élevée. Cette relation statistique ne prouve pas que le biais soit l’unique cause de ces comportements.[12]
Il faut également distinguer deux éléments.
Le premier dépend directement de tes actions : si tu verses 100 euros par mois pendant dix ans sans effectuer de retrait, tu auras versé 12 000 euros.
Le second dépend du produit choisi : si ton argent produit des intérêts ou est investi, les gains peuvent à leur tour générer des gains. C’est le principe des intérêts composés.
Mais un rendement d’investissement n’est pas garanti. Il peut varier et s’accompagner d’un risque de perte.
Tu contrôles la régularité de tes versements. Tu ne contrôles pas entièrement la performance future d’un investissement.
Que faire lorsque tes revenus ne suffisent pas ?
Il serait trompeur d’affirmer que tout le monde peut économiser simplement en étant mieux organisé.
Si tes dépenses indispensables absorbent l’intégralité de ton revenu, ou si elles le dépassent, ton blocage ne vient pas seulement de ta motivation ou de tes habitudes.
Un système d’épargne ne peut pas créer une marge financière qui n’existe pas.
Dans cette situation, ton premier objectif consiste à stabiliser ton budget.
Tu peux commencer par :
- identifier précisément tes revenus et tes dépenses indispensables ;
- distinguer les dépenses mensuelles des frais annuels ;
- vérifier les charges qui peuvent être réduites ou renégociées ;
- examiner les aides ou avantages auxquels tu pourrais avoir droit ;
- chercher une solution rapide si des dettes ou des retards s’accumulent ;
- envisager les possibilités réalistes d’augmenter progressivement tes revenus.
Lorsque ta marge est très faible, économiser avec un petit salaire peut commencer par une somme symbolique. L’objectif n’est pas de prétendre qu’elle réglera tous tes problèmes, mais d’éviter qu’une petite marge disponible disparaisse systématiquement.
Si tu dois choisir entre épargner et payer une dépense essentielle, la dépense essentielle reste prioritaire.
L’épargne doit soutenir ta sécurité financière, pas aggraver tes difficultés quotidiennes.
Questions fréquentes sur l’épargne
Pourquoi je n’arrive jamais à économiser ?
Tu peux échouer à mettre de l’argent de côté même avec une intention sincère. Ton épargne dépend peut-être de ce qu’il reste à la fin du mois, d’une décision manuelle répétée ou d’un montant trop ambitieux. Un système précisant le montant, la date, le compte utilisé et l’objectif réduit ces blocages.
Comment économiser durablement ?
Pour économiser durablement, commence par un montant réaliste, programme un virement après la réception de ton revenu et sépare cette somme de ton argent courant. Donne-lui ensuite un objectif précis et contrôle ton système une fois par mois. La régularité compte davantage qu’un effort important mais temporaire.
Est-il possible d’économiser avec un petit salaire ?
Oui, à condition qu’une marge subsiste après les dépenses indispensables. Le montant peut être faible au départ : 20, 30 ou 50 euros. L’objectif est de créer un comportement soutenable. Lorsque les revenus ne couvrent pas les besoins essentiels, la priorité consiste d’abord à stabiliser le budget plutôt qu’à imposer une épargne irréaliste.
Quel est le meilleur moment pour mettre de l’argent de côté ?
Le moment le plus simple à systématiser est généralement juste après la réception du revenu. En programmant le virement avant les autres dépenses variables, tu évites que l’épargne dépende du solde restant à la fin du mois. La date exacte doit cependant tenir compte du passage de tes charges fixes.
Combien faut-il épargner chaque mois ?
Il n’existe pas de pourcentage adapté à tout le monde. Le montant doit dépendre de ton revenu, de tes dépenses essentielles, de tes dettes et de ton objectif. Commence par une somme que tu peux maintenir sans devoir la récupérer régulièrement, puis augmente-la progressivement lorsque ton budget le permet.
Faut-il être discipliné pour réussir à épargner ?
Une certaine discipline aide à démarrer, mais elle ne doit pas porter seule tout le processus. L’automatisation, la séparation des comptes et les règles définies à l’avance réduisent le nombre de décisions nécessaires. Tu n’as pas besoin d’être parfaitement motivé chaque mois si ton système continue à fonctionner sans intervention constante.
Ce qu’il faut retenir
Pour économiser durablement, tu ne dois pas seulement vouloir changer. Tu dois organiser tes finances afin que l’épargne ne dépende plus entièrement de ton humeur ou de ce qu’il restera à la fin du mois.
La démarche repose sur quelques principes :
- définir un objectif concret ;
- choisir un montant soutenable ;
- automatiser le transfert ;
- séparer l’argent de tes dépenses courantes ;
- suivre ta progression ;
- ajuster le système lorsque ta situation évolue.
La motivation t’aide à commencer. Le système te permet de continuer.
Le contenu de cet article est informatif et général. Les montants et les méthodes doivent être adaptés aux revenus, aux charges, aux objectifs et à la situation personnelle de chaque lecteur.
Sources institutionnelles
- FSMA / Wikifin — Épargner et investir, portail belge d’information financière destiné au public.
- Banque nationale de Belgique — Revenu, consommation et épargne des ménages.
- OCDE — Éducation financière, ressources et travaux sur la culture financière, l’épargne et la résilience financière.
Annexe — Références scientifiques
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